Mercredi 2 avril 2008
Franchement, voilà un festival qui porte très bien son nom : le Caprice Festival ! Pour ceux qui ne connaissent pas Crans Montana, c'est une station de ski suisse où rivalisent dans les rues, boutique Vuitton avec magasin Chanel, jeunes femmes en hauts talons et leur mari en complet veston (trop classe la rime). Eh bien figurez-vous que cette station de ski, ne sâchant que faire de son argent, a décidé un jour de s'offrir un grand festival de musique, avec bien sûr dès la première année de grosses têtes d'affiche. Et savez-vous qui en fut le parrain ? Un riche papi ayant élu domicile à Crans Montana pour couler une douce retraite chic.... j'ai nommé Roger Moore ! Very rock'n roll...

Mais c'est sans la moindre idée de ce qu'était ce festival que je décide d'y aller. Pourquoi ? Pour Stephan Eicher, pardi ! Je l'avais vu cet hiver au Victoria Hall de Genève et en gardai un souvenir ébloui...

En arrivant, nous sommes ravis de voir que le lieu est assez bien foutu : 3 très grandes salles sous chapiteau, toutes 3 reliées par des couloirs fermés et chauffés. Assez vite, nous repérons la plus grande, celle où Eicher se produira 2h plus tard et en fin de compte, nous  y resterons, histoire d'avoir une chance d'être bien placé. Le problème, c'est qu'il fallait pour cela se taper le groupe de country de l'ancien mec du Gotan Project; oui sa nouvelle lubbie c'est la country... J'ai failli m'endormir mais on moins j'étais au 2ème rang !! Pendant le concert de country, un mec passablement saoûl demande : « c'est qui le gars ?  c'est Stephan Eicher ? » Vous auriez vu la gueule du chanteur, imberbe, le cheveu ras, stetson sur la tête et santiags, tout Eicher, quoi !

Et puis enfin, après un gros souci de guitare réglé à la hâte par son technicien, monsieur le suisse manouche arrive. Et en fait, dès le 2ème morceau, c'est le drame. A peine l'intro commencée à la guitare sèche qu'il s'arrête net : « mais..... vous discutez de quoi ?? » puis il reprend, en espérant avoir fait cesser le brouhaha infernal du fond de la salle. En fait, le bruit n'a jamais cessé, jusqu'à la fin du concert. Il s'est même emplifié, au point qu'une dame qui n'entendait même plus ce qui se passait sur scène, s'est faufilée jusque devant pour essayer de profiter un peu du concert.
Monsieur Eicher fait une tronche de 6 pieds de long... on l'a foutu de mausaise humeur, c'est évident... Je ne reconnais pas celui que j'ai vu à Genève 2 mois auparavant, généreux, drôle, heureux de partager ce moment de complicité avec son public...
A moment donné, il balance « éclairez ceux du fond que je vois un peu qui fait du bruit ! »1h15 de concert, pas de rappel, des morceaux joués sans plaisir. Et un public irrespectueux comme je n'en avais jamais vu.

Plus tard dans la soirée, on apprendra que ce festival distribue les invitations VIP comme des petits pains, y'en avait plusieurs centaines... Autant vous dire que les invités n'en avaient rien à foutre de Stephan Eicher. C'est sûr, on n'est pas près de le revoir à Crans Montana. Et nous non plus.

 

 

publié dans : musique
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